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 Une nouvelle espèce rare d'orang-outan découverte

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LombriX

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MessageSujet: Une nouvelle espèce rare d'orang-outan découverte    Dim 05 Nov 2017, 17:41


A-t-on découvert le fameux Orang Pendek?

Une nouvelle espèce d’orang-outan a été découverte sur l’île de Sumatra en Indonésie, ont annoncé ce jeudi des scientifiques. Ces derniers ont souligné que leur petit nombre en fait l’un des grands singes les plus menacés d’extinction sur la planète.

Il s’agit également de la première nouvelle espèce de grands singes confirmée par la science depuis la découverte en 1929 d’un nouveau bonobo en République démocratique du Congo, précisent ces biologistes dont les travaux sont publiés dans la revue américaine Current Biology.
« Ce n’est pas tous les jours qu’on trouve une nouvelle espèce de grands singes, ce qui rend cette découverte très excitante », se réjouit Michael Krutzen, de l’université de Zurich en Suisse.

Un orang-outan baptisé Tapanuli
Ce nouvel orang-outan, baptisé Tapanuli (Pongo tapanuliensis) vit dans la région de Batang Toru dans le nord de Sumatra, et sa population est estimée à 800 membres environ. Cette découverte porte à trois le nombre d’espèces d’orang-outan connues.

C’est en 1997 que des chercheurs de l’université nationale australienne ont découvert la piste de cette population isolée à Batang Toru. Les premiers indices de la spécificité des Tapanuli ont été observés sur le squelette d’un mâle adulte tué en 2013. Quand les scientifiques ont examiné le crâne et les dents, ils ont constaté certains traits uniques comparativement aux autres orangs-outans.
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prehistoire_alternative

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MessageSujet: Re: Une nouvelle espèce rare d'orang-outan découverte    Lun 06 Nov 2017, 00:43

Merci pour cette extraordinaire nouvelle. ceci dit, je serais très étonné que cette nouvelle espèce d'orang outan soit le cryptide désigné sous le nom d'orang pendek. Non seulement car la région où Pongo tapanuliensis a été trouvée est située bien plus nord que le parc naturel de Kerinci Seblat d'où émane la plupart des témoignages sur l'orang pendek, mais aussi et surtout car ce dernier est censé être bipède, ce qui n'est manifestement pas le cas de "Tapanuli".

Quoi qu'il en soit, le fait qu'il est encore possible de trouver, en 2017, une population de grand singe jusque-là inconnue dans une île comme Sumatra ne peut que renforcer la crédibilité de la cryptozoologie.

La mauvaise nouvelle est qu'avec seulement 800 individus environ, l'espèce "Tapanuli" est menacée d'extinction. Espérons que les humains saurons assurer leur protection et que, d'un autre côté, il n'est pas trop tard pour l'orang pendek...


Dernière édition par prehistoire_alternative le Jeu 11 Jan 2018, 14:00, édité 1 fois
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Hugh Templeton



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MessageSujet: Re: Une nouvelle espèce rare d'orang-outan découverte    Mer 03 Jan 2018, 19:57

Ce n'est peut-être pas l'orang-pendek, mais ça prouve quand même que la découverte de nouvelles espèces d'hominidés est encore possible de nos jours... un formidable espoir pour l'hominologie !
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Lilou

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MessageSujet: Re: Une nouvelle espèce rare d'orang-outan découverte    Sam 06 Jan 2018, 18:00

J'ai lu la publication pour voir ces fameuses différences entre les crânes...
ex : rostre plus large de 0.9 mm, foramen magnum moins large de 0.8 mm, mandibule plus épaisse de 0.4 mm, distance entre les premières molaires sup plus courte de 3 mm, ....
Toutes les mesures prises sur 1 spécimen mâle adulte de P. tapanuliensis et comparées à celles de 33 mâles des 2 autres espèces (8 P. abelii et 25 P. pygmeus). Autant dire que ça ne prend absolument pas en compte la variabilité morphologique de la population ... Alors oui il y a des différences mais l'échantillonnage ne m'a pas l'air très représentatif des "espèces".
Des différences si petites sur un crâne de grands singes peuvent s'expliquer de milles façons. Variabilité de l'individu (individu naturellement plus petit que les autres), âge de l'individu (ils sont adultes vers 10 ans et vivent jusqu'à 40 ans), population plus petite pour x raison (consanguinité, pression environnementale, ...), ...

Personnellement je reste très prudente sur l'existence de cette "nouvelle espèce". Les analyses génétiques semblent effectivement montrer qu'il y a bien une différence et un isolement de P. tapanuliensis de P. abelii, mais de là à en faire une nouvelle espèce ... Les scientifiques ont tendance ces dernières années à "créer" de nouvelles espèces pour y apposer leur nom et pour justifier de la nécessité de conserver ces populations qui sont toujours faibles (puisqu'ils split une espèce en deux souvent). Ce n'est pas forcément une mauvaise chose puisque ça permet d'obtenir des sous pour les protéger ! Mais il faut s'interroger sur la viabilité de ces "espèces"... même s'il n'y a aucune définition de ce qu'est une espèce Rolling Eyes

Lien vers l'article
Les figures
Les annexes
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sandman

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MessageSujet: Re: Une nouvelle espèce rare d'orang-outan découverte    Mer 10 Jan 2018, 23:05

Je suis d'accord avec Lilou.
Des différences de quelques dixièmes de mm et mesurées seulement sur un individu ne me semblent pas suffisantes pour prétendre à la découverte d'une nouvelle espèce.
Puisqu'on sait où les trouver, autant faire des comparaisons génétiques avec les deux autres espèces connues pour s'assurer qu'il s'agit bien d'une troisième.
Perso, j'y crois pas.
Si c'est vrai quand même, tant mieux, mais qu'est ce qui les empêche de s'hybrider avec les deux autres? Ou est ce que ça ne serait pas tout simplement un croisement des deux autres? Ou un individu appartenant à l'une des deux autres espèces? Les différences mesurées sont infimes.
Si on faisait ces mesures sur moi et mes voisin du village, on découvrirait une nouvelle espèce tous les jours.
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Lilou

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MessageSujet: Re: Une nouvelle espèce rare d'orang-outan découverte    Jeu 11 Jan 2018, 11:28

Il y a une étude génétique qui a été faite, je l'ai précisé et elle est détaillée dans l'article que j'ai mis en lien Wink Elle semble effectivement montrer qu'il y a une différence et qu'il y a eu séparation des populations bien avant ceux de Bornéo et Sumatra. Mais on fait dire ce qu'on veut à une analyse génétique, et la moindre différence est rapidement exagérée pour justifier d'un nouveau taxon ...
Il y a bien 3 populations différentes d'après les analyses génétiques, c'est clair. Pas d'histoire de croisement ni rien, elles sont bien séparées, il n'y a pas d'hybridation, c'est sûr.
En revanche, de là à parler de 3 espèces différentes ... Il y a plus de différences (morpho & génétiques) entre un Papou, un Zoulou et un Eskimo, qu'entre ces 3 prétendues espèces d'orang-outan ...
Quant à l'argument de l'absence d'hybridation pour justifier d'une espèce, on sait depuis bien longtemps que ça ne tient pas la route et qu'il n'y a pas moyen de définir une espèce. Partant de là, on fait ce qu'on veut avec les "espèces"...
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prehistoire_alternative

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MessageSujet: Re: Une nouvelle espèce rare d'orang-outan découverte    Jeu 11 Jan 2018, 13:47

Lilou a écrit:
Il y a une étude génétique qui a été faite, je l'ai précisé et elle est détaillée dans l'article que j'ai mis en lien Wink  Elle semble effectivement montrer qu'il y a une différence et qu'il y a eu séparation des populations bien avant ceux de Bornéo et Sumatra. Mais on fait dire ce qu'on veut à une analyse génétique, et la moindre différence est rapidement exagérée pour justifier d'un nouveau taxon ...
Il y a bien 3 populations différentes d'après les analyses génétiques, c'est clair. Pas d'histoire de croisement ni rien, elles sont bien séparées, il n'y a pas d'hybridation, c'est sûr.
En revanche, de là à parler de 3 espèces différentes ... Il y a plus de différences (morpho & génétiques) entre un Papou, un Zoulou et un Eskimo, qu'entre ces 3 prétendues espèces d'orang-outan ...
Quant à l'argument de l'absence d'hybridation pour justifier d'une espèce, on sait depuis bien longtemps que ça ne tient pas la route et qu'il n'y a pas moyen de définir une espèce. Partant de là, on fait ce qu'on veut avec les "espèces"...

Alors là, je ne suis pas d'accord du tout! Même s'il y a relativement peu de différences phénotypiques entre Tapanuli et les autres espèces de Pongo, ces différences existent. Et surtout cette similitude ne constitue en aucun cas un argument contre l'existence de ces espèces. Car du côté du génome, c'est clair : bien qu'il y ait eu des hybridations ponctuelles entre les trois populations jusque dans des périodes relativement récentes (jusque vers 74 000 ans au moment de l'explosion du volcan Toba semble-t-il, voir le lien ci-dessous), Tapanuli a commencé à se séparer des autres Orangs-outans il y a environ 3,3 millions d'années! C'est énorme! Pour prendre un exemple concernant le genre humain, c'est comme si on retrouvait aujourd'hui une population vivante d'Homo habilis (ou floresiensis ou naledi, ce qui, pour moi, revient à peu près au même)!

Alors certes, on peut contester cette date en questionnant le taux de mutations choisi par les chercheurs dans le cadre de "l'horloge moléculaire" (mais dans ce cas on remet aussi en cause la date de séparation des deux autres espèces d'Orang, voire aussi la date de séparation des Homininae et des Ponginae), mais on ne peut certainement pas soutenir qu'"on fait dire ce qu'on veut à une analyse génétique".  Et encore moins qu'"il y a plus de différences (morpho & génétiques) entre un Papou, un Zoulou et un Eskimo, qu'entre ces 3 prétendues espèces d'orang-outan...", car du point de vue génétique en tout cas, il y a très peu de diversité au sein de l'espèce Homo sapiens et les haplogroupes les plus anciens (retrouvés en Afrique chez les Khoisan) ne remontent "qu'à" 260 000 ans (et encore il y a peu, c'était 150 000 ans estimés), alors que là, il s'agit de plus de 3 millions d'années.

http://www.nationalgeographic.fr/animaux/2017/11/decouverte-de-la-plus-rare-espece-dorang-outan-au-monde

Par contre, juste comme ça, par hypothèse, on peut concevoir un autre scénario que celui présenté dans le lien ci-dessus pour expliquer une telle distance génétique avec aussi peu de différences phénotypiques:

Imaginons que relativement récemment une population de Pongo de Sumatra se soit hybridé avec une espèce beaucoup plus ancienne (genre l'ancêtre commun aux Homininea et Ponginae, dont l'orang pendek pourrait bien être un descendant direct)... Cela aurait eu comme résultat d'augmenter considérablement la distance génétique entre cette population hybride et les autres populations d'orang non croisées, sans forcément modifier considérablement l'expression phénotypique, en fonction des allèles sélectionnés... Pourquoi pas?
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Lilou

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MessageSujet: Re: Une nouvelle espèce rare d'orang-outan découverte    Dim 28 Jan 2018, 22:46

prehistoire_alternative a écrit:

Alors là, je ne suis pas d'accord du tout! Même s'il y a relativement peu de différences phénotypiques entre Tapanuli et les autres espèces de Pongo, ces différences existent. Et surtout cette similitude ne constitue en aucun cas un argument contre l'existence de ces espèces.
Je n'ai pas affirmé que ce n'était pas des espèces différentes. Je met en garde contre ce genre d'affirmation et je précise que personnellement, après lecture de l'article (et un master en systématique) je ne suis pas convaincue par cette étude.

prehistoire_alternative a écrit:
Car du côté du génome, c'est clair : bien qu'il y ait eu des hybridations ponctuelles entre les trois populations jusque dans des périodes relativement récentes (jusque vers 74 000 ans au moment de l'explosion du volcan Toba semble-t-il, voir le lien ci-dessous), Tapanuli a commencé à se séparer des autres Orangs-outans il y a environ 3,3 millions d'années! C'est énorme! Pour prendre un exemple concernant le genre humain, c'est comme si on retrouvait aujourd'hui une population vivante d'Homo habilis (ou floresiensis ou naledi, ce qui, pour moi, revient à peu près au même)!
La "date de séparation" entre tapanuli et abelii change suivant l'analyse effectuée : avec analyse bayésienne on est à 3.4 Ma, avec maximum de vraisemblance 2.27 Ma. Les échanges entre les 2 populations ont cessé depuis 10-20.000 ans seulement à cause de la perte d'habitat. Avant cela il y avait des échanges, notamment dus aux mâles qui font de grandes distances pour se reproduire. Ils précisent bien qu'ils décident d'en faire une espèce malgré que ça ne colle pas avec la définition biologique de l'espèce (= pas de flux de gènes) en s'appuyant sur le fait que d'autres l'ont fait avant eux (genre "oui mais c'est lui qui a commencé", perso je n'aime pas ce genre d'argument).
Pour moi il s'agit juste d'une population séparée du reste par différents facteurs (l'homme en général) et qui tend à se différencier à cause de l'isolement génétique et de l'homozygotie (précisée comme importante dans cette population à cause de l'isolement justement).
Gardons quand même dans un coin de la tête qu'il n'y a qu'un individu morpho, et 2 pour la génétique dans cette étude.

prehistoire_alternative a écrit:
Alors certes, on peut contester cette date en questionnant le taux de mutations choisi par les chercheurs dans le cadre de "l'horloge moléculaire"
On peut effectivement. C'est une analyse qu'il faut toujours prendre avec des pincettes...
Il ne faut pas oublier que toutes les espèces n'ont pas les mêmes taux de mutations, et qu'au sein d'une espèce il en va de même pour les individus. Ce taux varie également pendant la vie de l'individu, mais aussi au cours du temps pour une même espèce. Il est loin d'être constant !!
De plus les horloges moléculaires relaxées (maximum de vraisemblance et bayésien), qui veulent corriger cet énorme biais, utilisent les données paléontologiques du groupe taxonomique étudié. Or des fossiles d'orang-outan on n'en a pas énormément !

prehistoire_alternative a écrit:
mais on ne peut certainement pas soutenir qu'"on fait dire ce qu'on veut à une analyse génétique".
Tout systématicien te le dira, et tous nos profs (enseignants chercheurs) nous ont mis en garde là dessus pendant notre cursus.

prehistoire_alternative a écrit:
Et encore moins qu'"il y a plus de différences (morpho & génétiques) entre un Papou, un Zoulou et un Eskimo, qu'entre ces 3 prétendues espèces d'orang-outan...", car du point de vue génétique en tout cas, il y a très peu de diversité au sein de l'espèce Homo sapiens et les haplogroupes les plus anciens (retrouvés en Afrique chez les Khoisan) ne remontent "qu'à" 260 000 ans (et encore il y a peu, c'était 150 000 ans estimés), alors que là, il s'agit de plus de 3 millions d'années.
Je ne retrouve plus ma source mais il y a une très grande variabilité génétique et morphologique au sein de notre espèce.

prehistoire_alternative a écrit:
http://www.nationalgeographic.fr/animaux/2017/11/decouverte-de-la-plus-rare-espece-dorang-outan-au-monde
Li plutôt l'article scientifique original, il y a pas mal de raccourcis et erreurs dans cet article de presse.

prehistoire_alternative a écrit:
Par contre, juste comme ça, par hypothèse, on peut concevoir un autre scénario que celui présenté dans le lien ci-dessus pour expliquer une telle distance génétique avec aussi peu de différences phénotypiques:

Imaginons que relativement récemment une population de Pongo de Sumatra se soit hybridé avec une espèce beaucoup plus ancienne (genre l'ancêtre commun aux Homininea et Ponginae, dont l'orang pendek pourrait bien être un descendant direct)... Cela aurait eu comme résultat d'augmenter considérablement la distance génétique entre cette population hybride et les autres populations d'orang non croisées, sans forcément modifier considérablement l'expression phénotypique, en fonction des allèles sélectionnés... Pourquoi pas?
Ca se verrait directement dans les analyses génétiques, donc non.
Sur la figure 2C de l'article, chaque barre verticale représente un individu étudié et la couleur représente l'origine génétique. La plupart sont issus d'une seule population, à l'exception de 2 qui P. abelii qui ont des origines d'Aceh et de Langkat. Alors si on peut repérer ça dans une analyse génétique, on peut repérer une hybridation telle que tu l'as décris ! Et si c'est la mère qui est orang pendek c'est carrément flagrant grâce au génome mitochondrial.
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prehistoire_alternative

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MessageSujet: Re: Une nouvelle espèce rare d'orang-outan découverte    Mar 30 Jan 2018, 23:59

Je suis en total désaccord avec la majeure partie de ce que tu as écrit, mais je n'ai pas le temps d'argumenter pour l'instant. Je répondrai dès que possible...
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prehistoire_alternative

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MessageSujet: Re: Une nouvelle espèce rare d'orang-outan découverte    Jeu 08 Fév 2018, 00:38

Désolé d’avoir tardé à  répondre…


Citation :
Je n'ai pas affirmé que ce n'était pas des espèces différentes. Je met en garde contre ce genre d'affirmation et je précise que personnellement, après lecture de l'article (et un master en systématique) je ne suis pas convaincue par cette étude.

Oui, j’ai bien compris ta position, mais le problème c’est que si tu mets en doute les conclusions de cette étude, alors il te faut reconsidérer toute la classification actuelle, en mettant en cause le statut d’espèce pour de très nombreuses populations animales, à commencer par les deux autres espèces de Pongo ou, pour rester dans les hominidés, par les deux espèces de gorilles ou de chimpanzés.

En fait, trois éléments peuvent effectivement prêter à discussion ici, mais aucun ne justifie à mes yeux la mise en doute des conclusions de cette étude concernant Tapanuli :

En premier lieu, le peu de différences phénotypiques entre Tapanuli et les autres espèces de Pongo.

Dans le cas de populations pour lesquelles on dispose d’échantillons d’ADN, ce n’est pas un critère primordial pour distinguer des espèces (contrairement à celles pour lesquelles on n’a que des restes fossiles, dont les différences morphologiques sont les seuls éléments disponibles sur lesquels s’appuyer). En effet, dans beaucoup de cas, il peut y avoir une faible divergence phénotypique, mais une grande distance génétique qui marque une séparation effective entre divers groupes, isolés par une barrière géographique par exemple.  A l’inverse, il peut y avoir des différences relativement importantes au niveau du phénotype entre des groupes qui sont proches génétiquement et qui ne sont donc pas considérés comme des espèces séparées - c’est le cas au sein de l’espèce Homo sapiens, par exemple -, voire même des divergences très importantes, comme dans le cas des diverses « races » de chiens qui ont été « fabriquées » par l’homme en sélectionnant des caractéristiques précises et qui ne sont pourtant pas considérées comme des espèces différentes. On peut trouver bien d’autres exemples en ce sens.

Ce qui se passe c’est que, dans le premier cas (peu de différences phénotypiques pour une grande distance génétique), beaucoup de SNPs divergent, mais peu de ces SNPs concernent des gènes impliqués dans l’expression du phénotype, ou alors ils sont situés dans des régions non-codantes de gènes ou dans des zones intergéniques. Dans le second cas, c’est l’inverse, il y a relativement peu de polymorphisme nucléotidique, mais les SNPs concernés sont, pour beaucoup, situés dans des régions codantes de gènes impliqués dans l’expression phénotypique.

C’est pour cela que, dans le cas de l’espèce humaine, il peut avoir de  grandes différences phénotypiques entre un pygmée Mbuti, par exemple et un Scandinave blond aux yeux bleus de deux mètres de haut, alors que tous deux appartiennent bien évidemment à une seule et même espèce : Homo sapiens.
A ce propos, d’ailleurs, je serais curieux de connaitre les études que tu évoques, montrant soi-disant la  grande diversité génétique au sein de l’espèce humaine car, à ma connaissance, tous les travaux scientifiques sur le sujet depuis 15 ou 20 ans montrent au contraire, pour Homo sapiens, une des plus faibles diversités parmi les mammifères, y compris parmi les primates, même si cette diversité est un peu plus grande (0,4%) que ce qu’on a cru un moment (certains avançaient seulement 0,1%). Ci-dessous, un lien vers l’ouvrage (de vulgarisation) que je ne peux que te recommander sur la question :

http://www.seuil.com/ouvrage/l-humanite-au-pluriel-bertrand-jordan/9782020966580

Second élément pouvant faire douter du statut d’espèce de Tapanuli :  le flux de gènes, jusqu’à une période relativement récente entre Tapanuli et les autres espèces de Pongo.

Comme le font bien remarquer les auteurs de l’étude, l’hybridation fertile est relativement répandue au sein du règne animal, y compris au sein des populations d’hominidés : gorilles, chimpanzés, Orang outans (mais les auteurs citent aussi le flux de gènes avéré entre Homo sapiens et H. neandertalensis), et c’est sur ces exemples qu’ils s’appuient pour promouvoir la nouvelle espèce Tapanuli (et non sur un argument d’autorité en s’appuyant sur des auteurs antérieurs), estimant que la possibilité d’hybridation fertile avec d’autres populations, en contradiction effectivement avec la définition la plus classique – et restrictive – de l’espèce, ne suffit pas à récuser le statut d’espèce pour Tapanuli (ou alors il faut le récuser aussi pour les autres espèces de Pongo ou les diverses espèces de gorilles et de chimpanzés, entre autres).

En fait, le problème est que les scientifiques s’aperçoivent depuis peu que l’hybridation est un phénomène beaucoup répandu dans le règne animal qu’on le croyait jusque-là (voire même un moteur important de l’évolution), y compris, très probablement, dans lignée ancestrale de l’espèce humaine (je l’avais déjà mentionné sur le forum dans un des derniers messages postés sur le sujet en lien ci-dessous :

http://www.cryptozoologie-france.com/t1279-lenigme-des-hobbits-de-lile-de-flores)

Cela pose bien évidemment le problème de la définition de l’espèce, avec deux alternatives : soit on redéfinit l’espèce de façon moins restrictive que dans la définition classique, soit on révise de fond en comble la classification…

Troisième élément : le faible échantillonnage

C’est certainement une faiblesse de cette étude qui pourrait éventuellement conduire à mettre en doute les conclusions - sous réserve d’autres échantillons génomiques de Tapanuli confirmant l’analyse première -, dans la mesure où l’on pourrait penser que la distance génétique observé est due à la variabilité individuelle intraspécifique. Cette variabilité peut-être effectivement relativement importante. Dans le cas de l’espèce humaine, cela explique qu'un individu d’une certaine ethnie pourra éventuellement être plus proche génétiquement d’un membre d’une autre ethnie que de son propre groupe (un Khoisan, par exemple, plus proche d’un Européen que d’un autre Khoisan), mais il s’agit en l’occurrence, pour l’espèce humaine, de  distance génétique relativement faible (250 000 à 150 000 ans de séparation au maximum), alors que là, pour Tapanuli, il s’agit de 2 ou 3 millions d’années, quelle que soit le chiffre retenu (2,7 ou 3,4 millions, peu importe, on est dans un tout autre ordre de grandeur)… Une telle variabilité, avec une distance génétique aussi importante entre individus, me semble très improbable au sein d’une même espèce.



Autre chose :

Citation :
prehistoire_alternative a écrit:
Par contre, juste comme ça, par hypothèse, on peut concevoir un autre scénario que celui présenté dans le lien ci-dessus pour expliquer une telle distance génétique avec aussi peu de différences phénotypiques:

Imaginons que relativement récemment une population de Pongo de Sumatra se soit hybridé avec une espèce beaucoup plus ancienne (genre l'ancêtre commun aux Homininea et Ponginae, dont l'orang pendek pourrait bien être un descendant direct)... Cela aurait eu comme résultat d'augmenter considérablement la distance génétique entre cette population hybride et les autres populations d'orang non croisées, sans forcément modifier considérablement l'expression phénotypique, en fonction des allèles sélectionnés... Pourquoi pas?

Ca se verrait directement dans les analyses génétiques, donc non.
Sur la figure 2C de l'article, chaque barre verticale représente un individu étudié et la couleur représente l'origine génétique. La plupart sont issus d'une seule population, à l'exception de 2 qui P. abelii qui ont des origines d'Aceh et de Langkat. Alors si on peut repérer ça dans une analyse génétique, on peut repérer une hybridation telle que tu l'as décris !

Si je comprends bien le tableau que tu évoques, ce qui est évalué, c’est la composante ancestrale – donc la proximité génétique – par rapport à des populations connues, dont le génome est référencé. Donc aucune raison que soit mis au jour ici une composante héritée d’une population inconnue type « orang pendek » si tant est qu'elle existe. Ce n’est certes pas impossible de repérer une telle composante inconnue, mais il faut pour cela une analyse beaucoup plus fine, comme celle qui a permis de mettre au jour, de façon très probable, une ascendance archaïque inconnue (erectus ?) dans le génome dénisovien pour ne donner que cet exemple.

Citation :
Et si c'est la mère qui est orang pendek c'est carrément flagrant grâce au génome mitochondrial.

Là encore, je ne suis pas d’accord. Ce que tu dis serait vrai si l’ascendance détectée se trouvait à la génération immédiatement précédente, ou si le génome de l’individu analysé portait un ADNmt « orang pendek » transmis au fil de générations féminines ininterrompues (c-a-d s'il y avait eu au moins une femelle à chaque génération descendante d’une ancêtre femelle orang pendek), mais si le flux de gènes s’est produit voilà des milliers, voire quelques dizaines de milliers d’années, il y a beaucoup de chances que cet ADNmt ait totalement disparu ou alors qu’il ne concerne aujourd’hui qu’une fraction infime de la population de Tapanuli.

Pour finir, je ne suis toujours pas d’accord avec l’affirmation selon laquelle « on peut faire dire ce qu’on veut à une analyse génétique ». Dans ce cas, à mon avis, ce n’est pas de la science, ou c’est de la « mauvaise science. Certes, toute étude scientifique va proposer une interprétation plus ou moins discutable de données collectées, mais cette étude donnera aussi les données en question susceptibles de permettre à d’autres de « juger sur pièces » et d’éventuellement récuser l’analyse en proposant d’autres interprétations. C’est ce qui a permis par exemple à des scientifiques de récuser les conclusions de Bryan Sykes concernant le supposé yéti/« ours hybride ».

De ce fait, pour revenir au cas précis de l’étude sur Tapanuli, on ne peut certainement pas accuser les auteurs de faire dire n’importe quoi à leur analyse. Juste trouver ou non leur conclusion convaincante en fonction des données présentées.  La différence entre nous, c’est que, si toi tu ne la trouve pas suffisamment convaincante, moi si…
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