Forum de Cryptozoologie
 
AccueilRechercherS'enregistrerConnexionFAQPortail

Partagez | 
 

 La Bête des Vosges

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
MadMax

avatar

Nombre de messages : 57

MessageSujet: Re: La Bête des Vosges   Jeu 27 Déc 2007, 22:05

Habitant au coeur du massif des Vosges, je ne pouvais laisser ce sujet vide. Je vais donc vous présenter cette histoire même si il me manque encore beaucoup d'éléments, n'ayant pas pu mettre encore la main sur la bible en la matière (un ouvrage que je vous présenterais plus loin).

Localisation.
Tout d’abord, les Vosges désignent à la fois un département et un massif. La nuance est importante car le massif s’étend sur 6 autres départements et que la topographie d’une large moitié du département vosgien n’a rien à voir avec le massif.






Chronologie.
La bête des Vosges, c'est 2 périodes bien distinctes:

1975-1988: 1976 fut le paroxysme, la bête des Vosges devient une bête médiatique. Sur la période 1978-1988, on signale encore des attaques, loin du massacre des années 76-77 et dans l'anonymat le plus complet.

1994-1995: La bête des Vosges II. Mais on dit que les suites sont toujours moins bien que l'original, donc en 1995 la seconde bête est démasquée, c'est une Louve.

On va donc surtout se focaliser sur le premier opus, passionnant, fascinant et intriguant et qui, par certains faits troublants, trouve parfaitement sa place en cryptozoologie. D’ailleurs ce cas est mentionné sur le site de l’Institut virtuel de cryptozoologie en complément du cas du Gévaudan.

Note : Cette brève présentation du dossier est réalisée uniquement grâce aux maigres infos du net, que certains connaissent peut être déjà par cœur. Donc si quelqu’un a des éléments nouveau, n’hésitez pas !

Tout commence en Décembre 1975 où des forestiers découvrent des empreintes qu’ils ne parviennent pas à identifier dans les environs de Rambervillers (je suppose dans la forêt du même nom, qui constitue un important massif forestier entre Rambervillers et Epinal).

Au printemps 1976, les attaques débutent à Domèvre-sur-Durbion où 7 moutons sont égorgés. Quelques jours plus tard, des bœufs sont attaqués à Moriville puis des moutons à Hadigny-les-Verrières.

Ces 3 premières attaques sont représentées sur la carte par les croix rouge. Le cercle rouge représente approximativement le lieu des empreintes. On remarque qu’elles ont lieu finalement assez loin du haut massif, à près de 30km des crêtes dans une zone où les points culminants ne dépassent pas 500m. Je n’ai pas la localisation des autres attaques qui suivirent.

On signale donc par la suite des attaques de poulaillers et de chevaux mais surtout de moutons (élevage dominant dans cette région). Environ 200 moutons sont retrouvés égorgés au total.
Après une dernière attaque le 2 juin 1976, l’animal « disparaît » quasi complètement même si des attaques ponctuelles persistent jusqu’en 1988 (mais dont on a jamais pu réellement déterminer si elles étaient encore liées au même animal).

Le parallèle avec la bête du Gévaudan
Les lignes suivantes sont extraites des notes de Pascal CAZOTTES qu’on peut lire ici :

http://pagesperso-orange.fr/initial.bipedalism/24c.htm

P. Cazottes met en avant d’étranges similitudes entre la bête des Vosges et celle du Gévaudan sur plusieurs points :

« L'année 1977 fut en France une année faste pour les amateurs d'énigmes animales.
Au printemps furent publiées presque coup sur coup une traduction de la monographie consacrée au Monstre du Loch Ness de Nicholas Witchell ; et une traduction du livre sur les monstres lacustres de Peter Costello, présentée et préfacée par Bernard Heuvelmans.
Puis à l'automne parut "Les Monstres du Loch Ness et d'ailleurs" de Jean Berton.
Mais le "Bestiaire Insolite" ne se manifesta pas uniquement par le truchement de la production livresque et la floraison des monstres aquatiques ; il fit aussi les choux gras de la presse à sensation, en suscitant dans une région d'élevage d'ovins, qui au demeurant s'en serait bien passée, un impudent quadrupède courant bois et champ et qui, entre le 28 mars et le 15 décembre, massacra près de 300 têtes de bétail, et tint en échec toutes les tentatives visant à l'abattre ou à le capturer, avant de disparaître aussi mystérieusement qu'il était apparu.
Car l'année 1977 fut aussi l'année de la Bête des Vosges. »

(…)à deux siècles d'écart, la situation est quasi identique.
Même biotope où les difficultés du terrain et la rigueur des hivers opposent aux battues des obstacles insurmontables : d'une part le relief chaotique du Gévaudan qui déconcerta des hommes tels que Duhamel et Denneval, accoutumés à manœuvrer en plaines ; d'autres part la vastitude compacte, presque impénétrable du massif vosgien.
Même propension diabolique de l'animal à déjouer tous les pièges, à échapper à toutes les traques, à parcourir en temps record des distances considérables pour surgir et frapper là où on l'attendait le moins.
Même comportement aberrant se traduisant par des massacres hors de proportion avec les besoins alimentaires d'un prédateur atteignant tout au plus la taille d'un grand chien.
Et peut-être en outre, un autre point commun ; il n'est pas invraisemblable que la Bête des Vosges ait été elle aussi dressée et manipulée.
Dans son livre "Les Survivants de l'Ombre", Jean-Jacques Barloy écrit : "Il est possible que la Bête ait obéi à un sifflet à ultra-sons, ou ait été téléguidée à l'aide d'un appareillage placé dans les oreilles."
Gaston Picard, s'il ne va pas aussi loin, laisse entendre clairement néanmoins qu'il n'écarte pas l'hypothèse d'un animal manipulé.

L'attitude journalistique en 1977, pour différente de celle adoptée en 1766-67, n'en fut pas plus honorable.
Les titres fracassants des articles étant devenus éculés, les journaux à sensation entreprirent de changer de ton en rééditant le style pamphlétaire adopté par leurs homologues d'Outre-Manche deux siècles plus tôt.
Sous la plume des scribes de service la Bête revêtit progressivement les oripeaux des monstres mythologiques, à grand renfort d'allusion à des films d'épouvante, "Le Bal des Vampires" de Polanski en particulier. Et la forêt vosgienne se métamorphosa peu à peu en la lugubre sylve de Transylvanie sur laquelle plane l'ombre de Dracula.
Dès lors, pour parfaire l'imposture, il ne restait plus qu'à rabaisser les habitants de la région à l'étiage de ce "Paysan du Danube" auquel La Fontaine consacra l'une de ses fables.
Ce fut chose faite dans un article publié dans L'Express du 21 novembre 1977, dont est extrait le passage suivant :
" Les habitants de la Bresse, sud des Vosges, forment une communauté de 4 à 5.000 personnes repliées sur elles-mêmes, qui ont longtemps vécu à l'écart, des marginaux en somme, qui ont des réactions identiques à celles d'il y a deux cents ans ".


Outre leur stupidité intrinsèque, ces quelques lignes témoignent de l'indécrottable propension à prendre systématiquement les problèmes à l'envers. Car il ne s'agissait pas d'une population rurale qui devant une situation de fait montrait "des réactions identiques à celles d'il y a deux cents ans" ; mais d'une situation de fait qui à deux cents ans d'écart se renouvelait à l'identique.
Situation qui peut se définir ainsi : intrusion dans une région mi-forestière mi-pastorale d'un prédateur insaisissable au comportement aberrant, semant la dévastation sur son passage. Ce prédateur trouve refuge dans le milieu forestier, qui oppose aux battues des obstacles naturels quasi insurmontables, et qui en même temps lui offre un biotope au sein duquel il est autant dans son élément qu'un poisson dans l'eau.

Vingt-six battues ont été organisées contre la Bête des Vosges, totalisant plus de 1.800 hommes ( gardes-chasse, chasseurs locaux et autres, gendarmerie, armée, tireurs d'élite ). Lorsque l'on lit coup sur coup l'histoire de la traque de la Bête du Gévaudan dans l'ouvrage de Michel Louis et celle de la Bête des Vosges dans celui de Gaston Picard, on ne peut qu'être frappé par un degré de similitude tel que certains passages paraissent presque interchangeables.
Les corps de l'armée et de la gendarmerie, qui participèrent à la traque de la Bête des Vosges, comptaient dans leurs rangs des tireurs d'élite, munis d'armes automatiques perfectionnées, équipées d'une lunette de visée.
Or, alors qu'une douzaine de fois la Bête du Gévaudan culbuta et boula sous l'impact d'un coup de feu, la Bête des Vosges ne fut jamais touchée."


Morphologie de la bête, ce qu’on en sait
La description de l’animal qui ressort des différents témoignages apportés par les différents acteurs (éleveurs, gendarmes, chasseurs ect…) est la suivante :

Robe grise virant au jaunâtre ou rougeâtre, taille imposante, queue pendante et oreilles bien droites. Poids estimé dans les 60 kg. Animal souvent comparé à un Berger Allemand mais en bien plus puissant. Certains ont également estimé sa vitesse de pointe à 80km/h soit presque celle d’un Guépard… Les empreintes laissées mesuraient 80mm/90mm mais ne purent être identifier avec certitude (par exemple comme appartenant à un loup). Seul indice certain, les poils retrouvés qui confirmèrent que la bête appartenait bien au genre des Canidés.

Sa disparition et le remake
D’après certains, dès 1976, la bête aurait regagné les Hautes Vosges voir même les Vosges alsaciennes. En effet, lors des derniers mois de 1976, la bête semblait se déplacer vers le Sud Est et la haute vallée de la moselle.
En 1994, de nouvelles attaques ont lieu et les battues reprennent. Mais le suspens est de courte durée. En 1995, un témoin film l’animal qui se révèle être une louve. Peu de temps après, celle-ci est retrouvée morte… (les circonstances de sa mort restent assez mystérieuses par contre).

Eléments troublants
Pendant les battues, les chiens spécialisés refusèrent de suivre les pistes laissées par l’animal y compris le meilleur chien policier du pays (affrété pour l’occasion) qui ne se lança jamais véritablement à sa poursuite.

Notes de P. Cazottes : « Il convient d'ajouter à cela que la Bête des Vosges était douée d'une rapidité, d'une endurance, d'une habileté et d'une ruse exceptionnelles, même pour un loup, si toutefois elle était un loup. »

Sources et biblio:

Wikipédia
Notes sur "LA BETE DU GEVAUDAN" de Pascal CAZOTTES
Dark-stories.com
Vidéo sur la légende:http://www.wat.tv/playlist/365114/video/16345/legende-bete-vosges.html

Enfin, voici l'ouvrage référence sur cette histoire:



La Bête des Vosges par Gaston PICARD (Edition La Nuée Bleue, Strasbourg, 1989)
Revenir en haut Aller en bas
MadMax

avatar

Nombre de messages : 57

MessageSujet: Re: La Bête des Vosges   Ven 28 Déc 2007, 15:58

La thèse du Loup (sauvage ou domestiqué)

C'est sans doute la plus séduisante. Certains traits morphologiques corespondraient. Ainsi, le poids ici d'une 60aine de kg (poids moyen d'un loup entre 30 et 70kg) ou encore la couleur du pelage.

Ce qui ne "colle" pas
La vitesse de l'animal est démeusurée (estimée à 80km/h) par rapport à celle d'un loup (qui n'excède pas 50km/h). Aussi, je doute de son anthenticité (peut être exagérée par les chasseurs du coin).

Le loup est un animal très mobile, notamment lorsqu'il est seul, et qui n'hésite pas à parcourir 20 ou 30km en un jour. Or ici, l'animal reste confiné sur une zone très restreinte pendant 1 an.

Le nombre d'animaux attaqués, la fréquence et l'ampleur des attaques semblent également disproportionnées. Notamment le fait qu'il s'attaque à des boeufs et des chevaux, animaux à grand gabarit. (On peut noter que le Loup du grand Nord ne s'attaque que très rarement aux Rennes).

Le retour naturel du Loup en France date du début des années 90 . Un retour naturel d'un individu égaré 14 ans auparavant en provenance d'Italie ou du Sud de la Suisse parait peu probable (à vérifier, ce n'est qu'une supposition de ma part) surtout qu'aucune observation et attaques ne furent signalées sur les 300 ou 400km qu'il aurait du parcourir pour y arriver (notamment dans le massif du Jura).

Concernant la possibilité d'un loup domestiqué, on peut émettre des réserves sur sa capacité à déjouer tous les pièges et à échapper aux battues, ce qui demande un instinct naturel de fuite très prononcé, surtout à l'égard de l'homme. L'animal doit également avoir pleine possession de l'espace et de son territoire pour y échapper, ce qui serait difficilement le cas pour un animal lâché de façon intentionnelle près des élevages.
Revenir en haut Aller en bas
foncine39



Nombre de messages : 1

MessageSujet: Re: La Bête des Vosges   Mer 02 Juil 2008, 18:53

Bonjour à tous,
Je rebondis sur l'affaire de la Bête des Vosges, je suis vosgienne aussi exilée dans le Jura.
Je possède et j'ai lu l'excellent livre de Gaston Picard,effectivement beaucoup de similitudes avec la BDG.
Mais je m'étendrai sur le sujet plus tard.
Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur la Bête du Gévaudan, vous pouvez vous rendre sur le forum où j'ai déjà écris avec un collègue, les deux premières parties de l'énigme de la bête du Gévaudan, il faut juste s'inscrire et c'est gratuit.
Bonne lecture.
Laurence Labays
http://genea-calamites.forumactif.fr/
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La Bête des Vosges   

Revenir en haut Aller en bas
 
La Bête des Vosges
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum de Cryptozoologie :: Les Cryptides :: 
Bêtes de France
-
Sauter vers: