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 Jean ROCHE - "Sauvages et Velus"

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LombriX

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MessageSujet: Jean ROCHE - "Sauvages et Velus"   Mer 29 Nov 2006, 08:59


Les cryptozoologues francophones vivaient depuis des années -- faut-il le souligner ? -- dans l’attente devenue très hypothétique d’une publication des "inédits" de Heuvelmans. Il se murmurait qu’un tome traitait du sujet des Hominoïdes dits reliques.
Certes, je ne passerai pas sous silence les livres de Jean-Jacques Barloy (1985), Richard D. Nolane (1993), Joly & Affre (1995), Jean-Paul Ronecker (2000), renfermant des chapitres entiers sur le yéti, sasquatch et autres bipèdes velus. Je n’oublierai pas non plus les articles, signés Marie-Jeanne Koffmann (1991, 1992) dans Archéologia, Jordi Magraner (1993), Fabien Bleuze (1994), Michel Raynal dans Bipedia, Cryptozoologia et bien sûr sur le site de l’Institut Virtuel de Cryptozoologie, Eric Joye dans Cryptozoologia, Michel Ballot dans Cryptos Magazine, Dmitri Bayanov et Christophe Beaulieu dans Hominologie & Cryptozoologie, Christian Le Noël (La Race Oubliée, les hommes sauvages et velus de France, 1999), les contributions de votre serviteur (1994, 1995), et last but not least, le très percutant livre de Jacqueline Roumeguère-Eberhardt (Dossier X : les hominidés inconnus des forêts d’Afrique, 1987). Que ceux que j’ai oubliés dans cette énumération veuillent bien m’en excuser !

Mais revenons à Sauvages et Velus, l’objet de notre étude. Soulignons tout d’abord la belle présentation de l’ouvrage, avec en première page le portrait-robot du bar-manu, esquissé par Magraner. Le titre complet du livre est d’ailleurs: Sauvages et Velus -- yéti, sasquatch, almasty, barmanou, bigfoot... Enquête sur des êtres que nous ne voulons pas voir.

Le ton est donné. L’auteur semble vouloir se démarquer des aficionados qui baignent dans une foi inébranlable de l’existence du yéti, "King-Kong des temps modernes", comme des incrédules, "qui ne veulent rien voir".
Le mot enquête est judicieusement choisi. La méthodologie scientifique rigoureuse est attentive aux informations, anciennes ou actuelles, à la recherche de preuves autoscopiques, testimoniales et circonstancielles, selon les termes inspirés par Bernard Heuvelmans.
Le simple témoignage oculaire, "ceux qui veulent avoir vu", n’apporte pas plus de pierre à l’édifice de l’Hominologie, que l’incrédulité maladive de "ceux qui ne veulent pas voir"...
Il est vrai que, dans ce domaine, comme dans celui de l’Ufologie, les rencontres entre humains et entités (les Anglo-Saxons emploient fréquemment le terme entity dans le cas des HSV) ne constituent pas la preuve irréfutable de leur existence. Force est de penser d’abord à une création de l’esprit humain, à une mystification, à une méprise ou à une simple blague... Quant aux véritables fraudes, c’est-à-dire que le témoin est aussi l’auteur du canular, elles sont heureusement très rares !
Un exemple qui fait très "fortéen" (cité dans le livre de Dmitri Bayanov, In the footsteps of the Russian Snowman, 1996), est celui de Metcheny, un HSV qui revenait souvent au même endroit. Dans d’autres cas, l’hominien signale sa présence par un bruit ou une forte odeur. La rencontre n’est donc pas fortuite, même si c’est l’illusion qu’en a le témoin...
Mais qu’à cela ne tienne, présence suggérée ou présence réelle, le paradoxe, c’est que les HSV cherchent à préserver leur incognito, et pourtant, ils se montrent !
Pourquoi cet incognito? C’est la question que Jean Roche soumet à notre sagacité. On peut attendre des HSV qu’ils soient intelligents. Bien des animaux se cachent aussi, se montrent parfois...
Justement, où se trouve-t-elle, cette fameuse frontière entre l’humain et l’animal ? A quelle catégorie faut-il rattacher les HSV ? Jean Roche insiste sur le fait que, de cette équivoque, résulte un état conflictuel chez le témoin -- ou le chercheur -- une peur irraisonnée (un double bind). C’est la crise. A partir de là, tout s’enchaîne, tout "foire" (sans mauvais jeu de mots, en rapport avec l’Iceman du Minnesota exhibé sur un champ de foire !), et il devient impossible de mettre la main sur un spécimen en chair et en os...
Pour Jean Roche, cela tient du blocage psychique. Les chasseurs de bigfoots pourront toujours arpenter les montagnes boisées, fusil à la main, dans l’espoir d’offrir un spécimen à la science: cette attente restera vaine! Même le naturaliste désireux d’approcher pacifiquement un HSV fera chou blanc. Le scientifique à la recherche du missing link (ce n’est pas mon cas), ou de formes d’humanité cousine, se heurtera à la même barrière psychique. Que l’on animalise ou que l’on humanise les HSV, le résultat reste le même. Au moins, on n’aura pas à se poser un jour la question s’il faut les mettre au zoo, ou bien les envoyer à l’école !

Dans son livre Sauvages et Velus, Jean Roche met l’accent, nous le disions plus haut, sur cette faculté qu’ont les HSV de vivre leur incognito en marge de notre civilisation envahissante. C’est bien cela qui est incroyable, moins leur existence en elle-même, car finalement, d’un point de vue scientifique, rien ne s’oppose à une survivance de néanderthaliens, de pithécanthropes, de singes bipèdes ou de nains velus.
Tout au long du livre, on découvre d’ailleurs (cela mérite d’être souligné) que les chercheurs (Porchnev, en tête) ne disent pas toute la vérité en décrivant les cas de rencontres. On "oublie" de préciser que certains HSV sont habillés, qu’ils sont armés d’arc et de flèches, ou bien de massues, qu’ils discutent entre eux, ou imitent le chant des oiseaux...
Ils se font voir des humains lorsqu’ils en ont envie, et restent cachés si tel est leur désir... On peut même se demander si les HSV que l’on aperçoit sont bien représentatifs de leur(s) genre(s) ? Ce sont peut-être quelques petits plaisantins...
Le grand mérite de Jean Roche, en tout cas, c’est de tenter d’apporter une explication globale au phénomène HSV, qui sorte un peu des sentiers battus, là même où nous ne voyons par habitude que des "rescapés de la Préhistoire".

Certes, le problème demeure complexe, multicausal, et nous le vivons mal, en plus. Le livre Sauvages et Velus apporte de vrais éléments de réponse. Pour ma part, j’aurais bien aimé y voir figurer le mot "ostentation", en liaison avec la faculté qu’ont les HSV de se montrer là où ils veulent, et quand ils le veulent... Et si le témoin ne regarde pas dans la bonne direction, un bruit de pierres, le hennissement d’un cheval, le craquement de brindilles, ou bien une absence totale des bruits habituels, lui feront vite prendre conscience d’une présence étrangère.

Des lecteurs se trouveront, bien sûr, pour regretter l’absence de cartes géographiques dans le livre de Jean Roche, lequel ne s’étend d’ailleurs guère sur les problèmes soulevés par l’extension et la classification des différents types d’HSV. Il est vrai que ce n’était pas le dessein premier de l’ouvrage... On signale des HSV en tous points du globe, depuis les déserts de glace du grand Nord jusqu’aux abords immédiats des mégapoles modernes, en passant par les forêts tropicales et les versants boisés des hauts massifs montagneux.

Sauvages et Velus évite en tout cas de tomber dans le piège des sempiternelles compilations en Cryptozoologie, car il intégre des éléments nouveaux au dossier des HSV, et surtout, il apporte des réponses originales.
Ecrit dans un style alerte, palpitant, ménageant le suspense tout au long de ses 220 pages (+ 14 illustrations), le livre de Jean Roche suggère à juste titre qu’Homo sapiens n’est pas le seul Hominidé à habiter la planète. D’autres créatures à la morphologie voisine partagent les mêmes lieux, et se manifestent à nous sous différentes formes, en diverses occasions.

Je ne peux que saluer ici un excellent livre qui marquera le tournant de ce siècle : un must que tout naturaliste averti se doit de posséder dans sa bibliothèque. En attendant que Jean Roche nous surprenne par un autre ouvrage...

Source: http://perso.orange.fr/cryptozoo/


Dernière édition par LombriX le Dim 27 Nov 2011, 02:01, édité 1 fois
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Nunda

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Nombre de messages : 299

MessageSujet: Re: Jean ROCHE - "Sauvages et Velus"   Mar 02 Sep 2008, 22:10

Keno a écrit:

Tout au long du livre, on découvre d’ailleurs (cela mérite d’être souligné) que les chercheurs (Porchnev, en tête) ne disent pas toute la vérité en décrivant les cas de rencontres. On "oublie" de préciser que certains HSV sont habillés, qu’ils sont armés d’arc et de flèches, ou bien de massues, qu’ils discutent entre eux, ou imitent le chant des oiseaux...

Dans son livre "dossier x" L'ethnologue Jacqueline Roumeguère Eberhardt parle d'un même comportement en ce qui concerne le port d'arme, le langage et le fait de porté des vêtement.
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MessageSujet: Re: Jean ROCHE - "Sauvages et Velus"   Lun 22 Sep 2008, 18:19

Avec un bémol toutefois : le passage concernant Marie-Jeanne Koffmann, complètement inexact selon elle-même (communication personnelle). Elle m'a exprimé son regret que Jean Roche ne se soit pas adressé à elle avant de l'écrire afin de contrôler l'exactitude de l'information.
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Yofri

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Nombre de messages : 520

MessageSujet: Re: Jean ROCHE - "Sauvages et Velus"   Lun 22 Sep 2008, 21:07

Je confirme les dires d'Abepar.

A part cela c'est un très bon bouquin.
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MessageSujet: Re: Jean ROCHE - "Sauvages et Velus"   

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